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Culture, Loisirs et Sport
Cette forteresse érigée sur un promontoire rocheux au confluent de la Lizaine et de l'Allan est attestée dès le Xe siècle, les différents bâtiments composant le château ont été constamment transformés au cours des siècles.
Le château a été pendant quatre siècles de 1397 à 1793, la résidence des comtes de Montbéliard, puis des ducs de Wurtemberg à partir de 1495, le Pays de Montbéliard devient alors une principauté germanique.
Aujourd’hui, le château abrite le musée qui retrace l’histoire du pays de Montbéliard depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours.
Un circuit historique situé dans les tours relate l’histoire du château et présente de belles pièces du mobilier montbéliardais ainsi que des portraits des ducs et duchesses de Wurtemberg.
La grande cuisine occupe l’espace entre les deux tours et le rez-dechaussée de la tour Frédéric. L’ensemble des voûtes est surbaissé au milieu du XVIIIe siècle lors de l’édification du nouveau corps de logis (1751), pour mettre à niveau les planchers des deux constructions.
La tour Frédéric, est appelée dans les textes soit « tour du midy », en raison de sa position géographique, soit « tour sur l’ogive ». Cette dénomination est due à la couverture de cette pièce qui à l’origine est voûtée en ogives. Lors du décrépissage de la voûte actuelle en 1999, abaissée d’un mètre et transformée en voûte simple en 1751, un départ et des éléments de nervures, réemployés dans la construction, sont mis au jour. Quelques-uns sont déposés et exposés. La destruction de ces ogives est une grande perte architecturale.
Le mur situé à l’est est occupé par une grande cheminée, en face les vestiges de fours des XVIIIe et XIXe siècles sont encore présents. Dans l’espace entre ces deux éléments devait se trouver le potager.
Une partie des pierres à bossage de la tour Henriette sont visibles dans le mur nord de la grande cuisine.
Dans le sol, à l’emplacement de l’ancienne cheminée du four de la boulangerie, une ouverture est aménagée permettant d’avoir une vision zénithal de cette construction.
Du mobilier archéologique issu des fouilles castrales et urbaines est exposé dans cette salle.
Frédéric (1557-1608) est né à Montbéliard. En 1581, il prend pleine possession du Comté et s’installe au château de Montbéliard. En 1593, devenu duc de Wurtemberg, il s’établit à Stuttgart, mais n’oublie pas Montbéliard. Au cours de son règne de nombreux travaux sont effectués au château et dans la ville, la plupart sous la direction de l’architecte Heinrich Schickhardt. La tour Henriette est surélevée, la tour Frédéric, le Logis de Gentilhommes, le bâtiment de la Chancellerie, un puits, l’arsenal sont édifiés sur l'esplanade du château.
Prince éclairé, Frédéric promeut des industries dans ses territoires français, les salines de Saulnot, les forges de Chagey, une papeterie et une imprimerie à Montbéliard. Il modernise l’agriculture du comté et crée avec Jean Bauhin un jardin botanique, avec serres froides et chaudes, sur l’emplacement actuel des Grands Jardins.
Son action dans le domaine religieux est importante pour le Pays de Montbéliard.
En 1586, il organise au château de Montbéliard un Colloque qui tente de réconcilier luthériens et calvinistes. C’est un échec, il prend le parti des luthériens et instaure la doctrine luthérienne dans ses États.
En 1599, il fait une voyage en Italie. La relation de ce voyage par Heinrich Schickhardt est publié à Montbéliard en 1602 par l’imprimeur Jacques Foillet.
De son mariage avec Sybille d’Anhalt, célébré en 1581, il a quinze enfants.
Le poêle d'Audience du duc Frédéric présente des pièces exceptionnelles, meubles et orfèvrerie de la fin du XVIe siècle :
Dans une ambiance chaleureuse, des portraits, des meubles et des souvenirs illustrent l’enfance, au château de Montbéliard et au château d'Étupes, de la duchesse Sophie-Dorothée de Wurtemberg (1759-1828), épouse en 1776 de Paul Ier (Tsar de Russie) sous le nom de Maria Féodorovna.
Le château d’Etupes, résidence d’été du duc de Wurtemberg, Frédéric-Eugène et de sa famille, est édifié dans les années 1770 sur des plans venus de Stuttgart et exécutés sous la direction de Georges-Louis Morel, inspecteur des bâtiments princiers du comté, qui réalisa également sur des plans de la Guépière, l’Hôtel de ville de Montbéliard en 1776-1778. Le château est construit sur une propriété achetée par Frédéric-Eugène à l’un de ses frères, propriété située sur la colline d’Etupes en bordure de la route menant de Montbéliard à Bâle. Il l’agrandit encore en acquérant divers terrains voisins L’ancien clos du château d’Etupes mesuré par l’arpenteur Morel-Macler, le 20 avril 1813, contenait alors : “Y compris le sol de la maison et le jardin, 11 hectares 36 ares 7 centiares en outre l’aisance devant la maison joignant la route qui est de 5 ares 73 centiares.”
En 1793, le château et tout ce qu’il contenait fut saisi comme “Bien National”, Bernard de Saintes le visita le 15 octobre, cinq jours après la réunion du comté de Montbéliard. Il écrivit à la Convention, “… J’ai été visiter un château du cy-devant duc de Wurtemberg, à une lieue d’ici, il est dépeuplé et m’a paru propre pour un hôpital, le trajet sera moins long pour conduire nos soldats de l’armée du Rhin qu’aux autres hôpitaux de l’intérieur, l’air y est bon, les promenades superbes”. La convention ne fut pas de son avis, elle en exigea la démolition pour “effacer l’odieux symbole des tyrans et des despotes” de l’ancien régime. Il est démoli en 1801.
Les restes du château furent alors rachetés par un sieur Kœlig et deux individus d’Audincourt qui revendirent le sol au colonel Beurnier avec la ferme attenante.




Quelques peintures sont dues à des artistes locaux (fin XIXe et début XXe) : Paul-Élie. Dubois, Georges Marconnet, Jules-Émile Zingg, Charles Weisser, Georges Bretegnier, Pierre Jouffroy et le sculpteur Armand Bloch.
La collection d’Art contemporain s’articule autour de l'abstraction lyrique et du peintre Jean Messagier, qui traduit en formes et en couleurs les forces invisibles de la nature et ses émotions. Cet ensemble s’articule autour d’un panorama d’une centaine d’œuvres de cet artiste (peintures, gravures, sculptures…). il fut un des piliers de l'abstraction lyrique, mouvement qui s'est développé à Paris dès 1947, autour de A. Manessier, P. Soulages, J. Bazaine, J. Le Moal, Tal Coat, J. Bertholle...
L’art géométrique est bien représenté avec des œuvres de François Morellet, Véra Molnar, Diet Sayler ou encore Norman Dilworth
Un regard est également porté sur les artistes et la technique, le monde de la machine, de la précision mécanique et des techniques de pointe, l'informatique, l'esprit machiniste. Ce domaine s'appuie sur la présence incontournable des usines Peugeot et Japy.

Zone de passage obligée entre les régions occidentale et méridionale et l'espace rhénan, la région de Montbéliard a de tout temps fixé les populations, qui ont su profiter de ses attraits et de ses ressources naturelles.
Les collections archéologiques du musée, proviennent principalement de sites régionaux.
Le Mésolithique est représenté par des abris-sous-roche et des campements de plein air servant de halte de chasse et de pêche, présentation des galets gravés et peints issu de Rochedane.
Le Néolithique voit l'apparition d'habitats fortifiés de hauteur et la naissance de l’agriculture comme le montraient les sites de Gonvillars et de Gondenans-les-Montby.
L'Age du bronze marque une modification profonde de l'économie et des structures sociales par l'utilisation du bronze (objet de relations commerciales) comme l'attestent les découvertes du Mont Julien à Pont-de-Roide vers 900 avant J.-C.
La sépulture d'un guerrier à Mathay (vers 200 avant J.–C.), illustre l'Age du Fer.
Pour l’époque gallo-romaine, les riches collections (statuaire religieuse, nombreux objets de la vie quotidienne …), retracent l'évolution de la vaste agglomération de Mandeure durant plus de 400 ans.
Le Haut Moyen Age est présent avec les nécropoles mérovingiennes de Blussangeaux et de Bart-Courcelles.
Georges Cuvier (Montbéliard 1769 – Paris 1832), père de la paléontologie scientifique, éleva l’anatomie comparée au rang de science et fut à l’origine d’une classification du règne animal, qui est à l’origine de celle que nous utilisons aujourd’hui. Il est considéré comme un des plus grands savants de tous les temps.
La paléontologie est illustrée par des collections régionales :
Le reptile marin de Noirefontaine (-180 millions d’années) ; les fossiles de vertébrés de l’aven de Romain la Roche (-150 000 ans) dont un squelette de Rhinocéros laineux complet ; les fossiles de végétaux de Ronchamps (-300 millions d’années) ; les poissons de Froidefontaine
(-35 millions d’années) ; et les ours des cavernes de Gondenans les Moulins (-50 000 ans) dont un squelette complet d’un bébé de moins de 10 jours.
Les collections zoologiques et botaniques se constituent dès 1843, mammifères, oiseaux, insectes et planches d’herbiers de la région, en constituent le fond sans cesse enrichi.
Charles Louis Contejean est né à Montbéliard le 15 septembre 1824 et mort à Paris le 13 février 1907. Il fut un botaniste et un géologue universitaire, auteur de nombreuses publications. Il a écrit le seul dictionnaire du patois montbéliardais et s’est intéressé au climat sous toute ses formes. Il fut membre fondateur de la Société d’Emulation de Montbéliard et premier conservateur du musée à Montbéliard (actuellement muséum Cuvier du musée du Château).
Chapitre 1 : Charles Contejean en quelques dates
Le 15 septembre 1824 naît à Montbéliard, Charles Louis Contejean. Il est baptisé le 3 octobre au temple Saint-Martin de Montbéliard par le pasteur Scharffenstein. Sa famille habite rue du Pont du Moulin.
Sa famille et sa scolarité
Son père Charles Louis Contejean (1795-1842) est ferblantier de son état, et sa mère Marie-Catherine est une fille Retté (1798-1860). Charles a deux jeunes frères : Frédéric-Eugène (Montbéliard 15 janvier 1826 – Voujeaucourt 7 mai 1877) et Georges Auguste (Montbéliard 26 mars 1835 - Lons-le-Saunier 6 avril 1922).
Le 1er novembre 1833, Ch. Contejean, âgé de 9 ans, est scolarisé à l’école élémentaire française intégrée au collège de Montbéliard. Au cours de ses huit années d’école, Contejean est un élève moyen, voir parfois mauvais selon les disciplines. Seuls le Latin et la Chimie trouvent grâce à ses yeux. Ch. Contejean est nommé bachelier en Lettres en août 1841.
Des débuts laborieux et Contejean reprend des études
En 1844, il tente un diplôme d’études supérieures à St Pétersbourg, en Russie, tout en étant précepteur. Il rentre à Montbéliard en 1846, où il trouve un emploi de commis à la Sous-Préfecture. En 1847, Contejean part une première fois pour Paris où il trouve du travail dans une usine de chimie, qu’il ne garde que quelques mois. En effet, en février 1848, il prend une part active à la Révolution et aurait été renvoyé au pays… En 1852, Contejean est un des pères fondateurs de la Société d’Emulation de Montbéliard (SEM), tout en étant le premier conservateur du Musée. En 1853 à Montbéliard, il obtient à 29 ans un second bac, es-Sciences. Cela lui ouvre les portes de la faculté de Besançon. Il y obtient sa Licence et passe brillamment sa thèse de géologie en 1859. Il est docteur es-Sciences.
Contejean le voyageur
Depuis février 1860 et jusqu’en septembre 1862, Contejean est préparateur en géologie au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, qu’il quitte pour un poste de professeur de Physique au Lycée Impérial d’Angers. Cette étape est très courte : 23 jours très exactement. Il se retrouve ensuite à Toulouse d’octobre 1862 à mars 1864, où il est chargé des cours de Physique et de Chimie au Lycée Impérial, puis se rend à Clermont-Ferrand, où il est nommé professeur suppléant de la chaire d’Histoire Naturelle à la Faculté des Sciences pendant sept mois.
Poitiers : 25 ans de sa vie dédiés à la science (1865-1890)
Une nouvelle fois, Contejean déménage et se rend à Poitiers où il obtient un poste de professeur de géologie à la Faculté des Sciences. C’est bien évidemment la période la plus riche d’un point de vue scientifique. Il aborde la classification des mammifères et publie, en 1874, Eléments de géologie et de paléontologie (750 pages). Ces travaux généraux ne l’empêchent pas de continuer ses études sur le climat et sur la botanique du Pays de Montbéliard. Enfin en 1876, il écrit le Glossaire du patois de Montbéliard. Le 14 juillet 1880, Ch. Contejean, est nommé chevalier de la légion d’honneur. Il se marie le 25 août 1866 à Montbéliard avec Sophie Louise Boissard, et son unique fille Louise naît le 7 juin 1867.
Ses secondes vies à Montbéliard (1890 à 1900) et à Paris (1900 à 1907)
En 1890, Ch. Contejean, rentre à Montbéliard après 28 ans d’absence. Il finalise l’herbier de la flore de Montbéliard et continue sa collaboration active pour la SEM dans les domaines botanique, climatologique et archéologique. En 1900, Contejean, habite Paris chez sa fille et son gendre et publie en 1902 ses deux derniers articles scientifiques : les 105e et 106e d’une longue carrière riche et diversifiée de près de 50 ans : Le climat de Montbéliard et Un dernier mot sur la flore de Montbéliard.
La mort de Charles Louis Contejean
Le mercredi 13 février 1907, Charles Louis Contejean décède à Paris. Il a décidé de se faire incinérer, technique récente et depuis peu autorisée par la loi (1887) mais pas par la religion. Il est inhumé le dimanche 17 février à Montbéliard. En 1943, le Conseil Municipal de Montbéliard donne le nom de Charles Contejean à la rue anciennement des Jardins. En 1982, son Glossaire est republié et enrichi par la SEM.
En 2008, le muséum Cuvier de Montbéliard a organisé une exposition temporaire : Charles-Louis Contejean, naturaliste montbéliardais (1824-1907), du 26 mars au 18 mai 2008 au Musée Beurnier-Rossel.
Chapitre 2 : Contejean et la « science aimable »
Ch.Contejean est initié à la « science aimable » par Pierre-Frédéric Wetzel (1764 -1844), botaniste amateur passionné. À partir de 1848, les relations scientifiques qu'il noue avec Jules Thurmann (1804 - 1851) de Porrentruy orientent sa réflexion vers l'influence physique des terrains exercée sur la végétation. En 1850, la Société Médicale et Scientifique qui ne s’appelle pas encore SEM, créait son Musée et Ch. Contejean est nommé premier conservateur. C'est en parallèle de cette activité qu'il réalise son herbier de la flore du Pays de Montbéliard, publié en 1854 sous le titre Enumération des plantes vasculaires de la flore de Montbéliard. Dans ce travail, il introduit déjà la notion de station et énumère les localités botaniques les plus remarquables de la région. Par la suite, il apporte de nombreux compléments à ce travail.
Sa carrière professionnelle universitaire le conduisant hors du Pays de Montbéliard, Ch. Contejean se familiarise alors avec les flores méditerranéenne, languedocienne et pyrénéenne. À Clermont-Ferrand, il étudie les plantes du Massif Central et durant sa longue résidence à Poitiers, il visite tout le littoral atlantique. Il voyage encore beaucoup à l'étranger (bassin méditerranéen, Europe Centrale et Orientale) sans se départir de son intérêt pour la flore des nombreux pays visités. L'élargissement du champ de ses investigations conduit Ch. Contejean, à partir des années 1870, à la conclusion de la prépondérance de l'action chimique du sol, contrairement aux principes de Thurmann auxquels il avait adhéré à ses débuts. Ses thèses sont fortement affirmées et synthétisées dans Géographie Botanique, influence du terrain sur la végétation, publiée en 1881. Il y souligne l'action prépondérante du calcaire et propose également la notion de station, subordonnée aux influences majeures du climat, à la nature chimique et à l'état physique du sol, qui préfigure celle de biotope.
Cet ouvrage est considéré comme un des tous premiers travaux sur l’écologie en France, science inventée en Allemagne vers les années 1860.
Ch. Contejean enrichit la flore montbéliardaise de 85 plantes, ce qui le place juste après Jehan Bauhin et Charles Emmanuel Berdot (1738 - 1780) au nombre des nouvelles acquisitions. Cependant, s'il n'a pas décrit d'espèces originales, la nomenclature botanique renferme deux taxons qui portent son nom :
- Iberis contejeani Billot
- Teucrium × contejeani Giraudias
Si la première est typique du pays de Montbéliard, la seconde est un hybride de l’Ariège.
En 2007, la Société d’Histoire Naturelle du Pays de Montbéliard et le muséum Cuvier de la Ville de Montbéliard ont ré-actualisé et ré-édité L’herbier du Pays de Montbéliard –Charles Contejean (1824-1907).
Chapitre 3 : Contejean et la géologie
Grâce à sa rencontre, à la fin des années 1840, avec le botaniste et géologue de Porrentruy Jules Thurmann, Ch. Contejean s’initie à la géologie et en 1856, il part effectuer une Licence à la faculté de Besançon. Il soutient sa thèse le 20 juin 1859 (Monographie de l’étage kimméridgien du Jura, de la France et de l’Angleterre).
Le Kimméridgien est un des terrains les mieux représentés dans le Pays de Montbéliard. Cette thèse permet à Contejean d’affirmer le rôle prépondérant des fossiles dans la délimitation et la datation des terrains géologiques, comme l’avait montré Georges Cuvier en 1811.
En 1874, Contejean publie : Eléments de Géologie et de Paléontologie. L’ouvrage comprend 747 pages avec 467 figures. Cet ouvrage deviendra le livre de chevet de plusieurs générations d’étudiants en géologie et paléontologie à la fin du XIXe siècle.
Chapitre 4 : Contejean, observateur du climat au quotidien
J. Thurmann, décide à la fin des années 1840 de créer une ligne d’observateurs en météorologie, de Porrentruy à Montbéliard. Ch. Contejean, qui se passionne pour cette science toute nouvelle, adhère au projet et devient l’élément moteur pour le Pays de Montbéliard.
Entre 1846 et 1855, il note toutes les informations climatiques qu’il peut relever : la température à heure fixe (les minima à 6 heures du matin), les vents, la pluie, le gel, la neige, le soleil, puis les dates de floraisons et des récoltes... D’autre part, Ch. Contejean fait l’inventaire de toutes les sources d’informations météorologiques antérieures à 1800 sur le Pays de Montbéliard (neige, gelées, inondations, tremblements de terre, sécheresse, orages, vendanges, moissons … ) au travers des ouvrages et des manuscrits. Il publie ainsi bon nombre d’articles regroupant et synthétisant toutes ses données ; le dernier, daté de 1902, représente un bilan des 62 ans de relevés climatiques effectués sur le Pays de Montbéliard.
Dans La lune rousse au Pays de Montbéliard Ch. Contejean s’attaque à une tradition : le curieux refroidissement qui aurait lieu systématiquement au cours des mois d’avril et de mai, et que l’on nomme « la lune rousse », bien que les dernières gelées printanières n’aient aucun lien avec notre satellite. En fait, elles sont liées au vent de Lorraine qui souffle du nord-ouest et rafraîchit l’air tout en apportant de l’humidité. Son nom patois est greme beloche : « qui détruit les prunes ».
Au cours de sa carrière, Ch. Contejean associe régulièrement deux de ses passions aux liens très forts : le climat et la géologie. Ainsi, plusieurs publications évoqueront les glaciers, leur action géologique, et l’histoire des climats à travers les temps. Nous sommes au tout début de la compréhension de la glaciologie.
Chapitre 5 : Contejean philologue
A partir des années 1870, Charles Contejean s’intéresse au patois parlé à Montbéliard, dont le déclin, dans le dernier quart du XIXe siècle, l’incite à en réunir les dernières traces. Il publie en 1872, six fables en patois montbéliardais librement inspirées de fables de Monsieur de La Fontaine.
Le 2 octobre 1874, Ch. Contejean adresse le manuscrit du Glossaire du Patois de Montbéliard que la Société d’Emulation de Montbéliard publie en 1875. Des 48 fables que Contejean a écrites, 16 seulement seront publiées. Le Glossaire comprend plus de 4000 mots ou expressions en patois, de nombreux textes et les règles d’orthographe et de grammaire. Contejean définit géographiquement le patois de Montbéliard comme le langage rustique de l’ancienne principauté dont les frontières seraient Champey et Chagey au nord, Nommay, Dambenois, Allejoie et Badevel au nord-est, Mandeure au sud et Beutal à l’ouest. Il s’agit donc d’une région centrée sur Montbéliard, de quelques kilomètres de rayon et seulement en pays protestant.
En 1982, la SEM ré-édite dans son intégralité le Glossaire de Contejean en intégrant le Supplément publié par lui en 1899.
Chapitre 6 : Contejean et la zoologie
En 1868, Ch. Contejean s’intéresse à un domaine qui ne l’avait jamais vraiment passionné jusqu’alors : la zoologie. il s’intéresse à la classification des mammifères. Cela correspond à un cours qu’il donne à la faculté de Poitiers, qu’il publie dans deux articles successifs en 1868, puis en 1872. Une partie de ses cours zoologiques ont été publiés en 1875 par Ferdinand Dassy (auteur de La physiologie expérimentale et le Roman expérimental ; Claude Bernard et M. Zola en 1881 sous le pseudonyme de René Ferdas).
Chapitre 7 : Les Carnets de voyage de Ch. Contejean (1882-1888)
A partir de 1882, Ch. Contejean entreprend des voyages touristiques autour du bassin méditerranéen, jusqu’en 1888.
En septembre 1882, il se rend à Naples et fait l’ascension du Vésuve ; puis il gagne la Sicile et après avoir gravit l’Etna, se rend sur les sites archéologiques de Syracuse et d’Agrigente (aujourd’hui Girganti). En septembre 1883, il revient à Naples mais pour se rendre dans l’île d’Ischia, où deux mois auparavant, eu lieu le tremblement de terre le plus dévastateur de l’histoire de cette petite île. En septembre 1885, il traverse pour la première fois la Méditerranée et visite Tunis pour arpenter les ruines de Carthage. De la Tunisie, il se rend en Algérie à Constantine puis descend vers le sud dans le désert d’abord à Biskra, puis à Mécharia afin de voir de ses propres yeux la mer de l’Alfa, graminée (Stipa tenacissima L) qui se présente en touffes denses. Sûrement, revient-il en France via l’Espagne et Malaga où il assiste à l’exécution d’un condamné à mort. En septembre 1886, il se rend au Portugal et en septembre 1890, son rêve se réalise, puisqu’il visite Constantinople et la péninsule hellénique.
Au cours de ses voyages, il utilise le tout premier guide touristique de poche : le Baedeker. Contejean publie ses carnets de voyage, au nombre de 11 publications. L’ensemble des carnets de voyages a été ré-édité par le muséum Cuvier de la Ville de Montbéliard en 2008. (Les carnets de voyages de Charles Contejean (1882-1888), ré-édition, 2008, par Thierry Malvesy, Françoise Valence et Noëlle Avelange, éd. Ville de Montbéliard, 283 pp.).
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