Coopération décentralisée avec le Burkina Faso

Coopération décentralisée avec le Burkina Faso

Présentation de la commune de Zimtanga

Zimtanga fait partie des sept départements que compte la province du Bam dont le chef lieu est Kongoussi.. Le chef lieu du département est Zimtanga, situé à 25 kilomètres de Kongoussi. La commune compte près de 27 000 habitants et plus de 40 villages et est très difficilement accessible en saison pluvieuse.

Le BAM, l’une des 45 provinces du Burkina Faso, est situé au centre Nord du plateau mossi à l’orée du Sahel burkinabé. Cette province compte une forte densité démographique ce qui rend l’accès à la terre difficile. La situation socio-économique de la population reste précaire et le Bam compte parmi les provinces à forte proportion de population en dessous du seuil de pauvreté. Les femmes et les enfants sont les premières victimes de cette situation.
Pour subvenir aux besoins des familles, la population a donc recourt à plusieurs activités qui sont notamment : le petit élevage, le petit commerce et le maraîchage, lequel consiste à cultiver des légumes pendant la saison sèche, grâce à l’irrigation (durant la saison des pluies, ce sont les céréales qui sont cultivées: le mil, le sorgho etc…).

Le climat est caractérisé par une saison sèche d’octobre à mai et une saison des pluies de mai à octobre. La pluviométrie est variable d’une année à l’autre avec cette constante qu’elle est mal repartie dans le temps et dans l’espace. Cette variation de la hauteur des pluies est à l’origine des fréquentes sécheresses cycliques.

Le lac Bam est la principale et la plus importante ressource en eau de surface du département de Zimtanga. Il satisfait en partie les besoins en eau des populations. Il est aussi considéré comme le poumon économique de toute la zone : plus de 80% de la population pratique le maraîchage en saison sèche.

Toutefois, la province est confrontée à une problématique environnementale lourde : l’envasement progressif du lac dont la profondeur et la superficie tendent à se réduire au fil des années. Ceci est dû notamment à la surexploitation anarchique du lac par les cultivateurs, d’où la nécessité d’introduire des méthodes de culture plus respectueuses de l’environnement. L’Etat burkinabé et les collectivités territoriales accompagnées par des bailleurs internationaux étudient la possibilité de développer des solutions pérennes à cette problématique.

Les objectifs du projet

Le projet cible une activité génératrice de revenu, susceptible d’enclencher une dynamique de développement local. Il consiste à aménager des périmètres maraichers irrigués et à apporter les formations et compléments d’investissement nécessaires à une autonomisation totale des bénéficiaires. Il s’est déroulé en plusieurs phases, depuis 2008 et concerne en premier lieu deux groupements féminins des villages voisins de Bargo et Dougré à Zimtanga. Il a un impact sur les conditions de vie de ces femmes, et par là, de leurs enfants et leurs familles au sens large.

Ce projet de maraichage a pour objet :

  • de développer la production de ressources économiques locales grâce à l’agriculture
  • soutenir l’autonomisation des femmes et leur rôle d’actrices du développement local
  • améliorer les rendements agricoles grâce à des techniques de production maîtrisées tout en promouvant le développement durable (fumure organique…)
  • promouvoir une meilleure alimentation et une meilleure santé pour les populations.

Le contenu du projet

Les moyens financiers mobilisés dans le cadre du projet partenarial ont permis d’aménager en premier lieu 4 hectares de parcelles dans le village de Dougré, avec un système d’irrigation qui a permis de produire des légumes divers (oignons, choux, carottes, maïs etc…).
Une partie est destinée à l’autoconsommation, alors que la production d’oignons, très majoritaire, est essentiellement vendue, générant ainsi des compléments de revenus. L’évaluation mise en œuvre à la fin de chaque phase du projet a montré une augmentation de 40% de la production d’oignons entre les deux premières campagnes maraichères faisant suite à la mise en œuvre du projet.

Forts de ce succès, à partir de 2011, a été développé un deuxième périmètre maraîcher de 4 hectares, dans le village voisin de Bargo, non loin du premier aménagement.
Les deux périmètres bénéficient ainsi aux 165 femmes des groupements de Bargo et Dougré et, par voie de conséquence, à leurs familles, soient 900 personnes au total.

Dans le cadre du soutien aux agricultrices, l’accent est notamment mis sur l’aide au développement de la fumure organique (compostage) : développer le compost permet en effet de diminuer les engrais chimiques, lesquels sont coûteux et nocifs pour l’environnement. Par ailleurs, on constate que la durée de conservation des oignons augmente très sensiblement grâce à ces techniques naturelles.

Ces aménagements sont utilement complétés par un volet de formation important dont l’objectif est de favoriser davantage l’autonomisation opérationnelle des femmes. Ceci implique en effet un accès à l’alphabétisation, base indispensable pour tirer parti ensuite des formations techniques appliquées à leur activité (techniques agricoles, de gestion/marketing, compostage etc…).

Enfin, le projet offre la possibilité aux femmes de développer des petites activités annexes génératrices de revenu, en complément du maraichage, grâce à la mise en place d’un fonds de garantie permettant aux femmes d’avoir facilement accès au micro-crédit. Elles peuvent ainsi pratiquer l’embouche, c'est-à-dire l’élevage de moutons, lesquels sont engraissés grâce aux résidus des récoltes puis revendus avec profit ensuite.

Grâce à ce projet, les femmes et leurs familles peuvent accéder à un niveau de vie supérieur et à une meilleure alimentation, plus diversifiée et plus riche en vitamines. Elles peuvent désormais faire face aux frais courants tels que la scolarisation des enfants, l’habillement ou encore les frais de santé… En confortant ces femmes dans leur dimension d’actrices du développement local et en s’appuyant sur leur capacité à transmettre de « bonnes pratiques » à leurs enfants, l’ensemble de la commune bénéficie d’un effet multiplicateur bénéfique.

Les partenaires

Les partenaires financiers du projet sont la Ville de Montbéliard, Pays de Montbéliard Agglomération et le Ministère des Affaires Etrangères qui nous accompagne depuis le début.
Depuis le lancement opérationnel du projet en 2008 et jusqu’à l’aboutissement du projet prévu en 2013, ces trois partenaires auront apporté plus de 140 000€, en participant chacun à parts égales.

Depuis 2011, la Ville de Montbéliard et Pays de Montbéliard Agglomération font partie d’un réseau régional constitué autour du CERCOOP Franche Comté, regroupant les collectivités franc-comtoises œuvrant en faveur du Burkina Faso. C’est dans ce nouveau cadre mutualisé que nous avons obtenu les financements du Ministère des Affaires Etrangères pour les phases du projet qui se déroulent entre 2011 et 2013.

Les autres projets en direction du Bam

Les projets en direction du Bam ne s’arrêtent pas là : Pays de Montbéliard Agglomération développe notamment des actions en faveur de l’accès à l’eau et l’assainissement dans la commune de Zimtanga, indispensable pour promouvoir la santé humaine.
À Kongoussi, ville voisine de Zimtanga et chef lieu de la province du Bam, le centre de formation professionnelle financé par les habitants de notre ville jumelle de Ludwigsburg a débuté ses activités à la rentrée 2011 et accueille déjà une vingtaine d’élèves.

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