Ludwigsburg, notre jumelle

Ludwigsburg, notre jumelle

En 1950, cinq ans seulement après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Lucien Tharradin, maire de Montbéliard, ancien résistant et rescapé des camps de la mort, engage un rapprochement entre sa ville et celle de Ludwigsburg (située au nord de Stuttgart). Le prélude au premier jumelage franco-allemand.

Ludwigsburg

Historique

Ludwigsburg est née sur l’idée du Duc Wurtembergeois Eberhard Ludwig ( 1676 – 1733) d’ériger à cet endroit un château de plaisance pour y séjourner lors de parties de chasse. Commencé le 7 mai 1704, le Ludwigsburg devint après 30 années de construction et avec 452 pièces le plus important ensemble baroque demeuré encore intact en Allemagne.

Le 3 décembre 1718, Ludwigsburg devient une ville.

Le Duc Karl Alexander fit de Ludwigsburg une ville de garnison en 1736.

En sa qualité de résidence ducale et même royale en 1806, Ludwigsburg jouissait d’une renommée mondiale à l’époque du Duc Karl Eugen, vers le milieu du XVIIIe siècle.

Aujourd'hui

Chef lieu d’arrondissement d’environ 85 000 habitants

Célèbre comme ville des châteaux et des expositions horticoles «  le Baroque fleuri ». Le Résidenzschloss de Ludwigsburg constitue le plus important ensemble baroque encore intact en Allemagne.

Est jumelé avec les villes de :
- Montbéliard (1950),
- Caerphilly (1960 – Pays de Galles / Grande Bretagne),
- Jevpatorija (1990 – Ukraine),
- Saint Charles (1996 – Missouri – Etats Unis),
- Novy Jicin (mai 2012 – Ville jumelée – République Tchèque)

M Spec informe que sans l’initiative de Lucien Tharradin en 1950, ce premier jumelage franco-allemand entre les deux villes n’aurait pas existé. Et pourtant, il a servi d’exemple à tous les autres jumelages créés par la suite.

Se compose de sept quartiers : Eglosheim, Plugfelden, Ossweil, Hoheneck, Grühnbühl, Neckarweihingen et Popenweiler.

M Spec, maire depuis 2003, a été réélu en 2011 avec 77,8 % de voix. Tendance CDU

Les premiers échanges

Carte de l'Allemange situant Ludwigsburg
Ludwigsburg

Nous sommes en 1950 et les souvenirs des années de guerre sont encore très présents dans les mémoires des peuples français et allemand.
Bien sûr, les premiers échanges sont timides et prudents. Mais les rencontres se font.

Entre élus tout d’abord. Le Conseil municipal ayant donné son accord, une délégation montbéliardaise part le 20 septembre 1950 pour Ludwigsburg. En retour, en octobre, une délégation allemande est accueillie à Montbéliard.

Le sport comme trait d'union

Ces voyages n’ont rien d’officiel et s’apparentent plus à des visites de courtoisie mais le mouvement est lancé.

Un match de foot est organisé à Noël 1951 entre les équipes de juniors et de vétérans du FC-Sochaux-Montbéliard et la Sportvereinigung 07 à Ludwigsburg.

Le match retour aura lieu quelques mois plus tard, dans un stade Bonal archicomble !

Escrime, handball, judo, natation… les rencontres sportives se multiplient. Les successeurs de messieurs Tharradin et Doch ont suivi leurs pas, encouragé les initiatives et les contacts, mais il faut du temps pour que les obstacles et les ressentiments disparaissent, pour que la méfiance initiale se transforme en confiance et respect mutuel.

Des liens de plus en plus forts

Et que la population s’approprie cette idée de réconciliation.

En 1958, André Lang, alors conseiller municipal, reprend le flambeau et parle, pour la première fois, de jumelage.

Il sera signé officiellement le dimanche 6 mai 1962 par Jean-Pierre Tuefferd et Anton Saur.

L’union des deux villes est scellée.

Dès lors, les rencontres s’intensifient. Le jumelage est actif, dynamique.

Echanges scolaires, sportifs, culturels, entre services municipaux… sont fréquents.

Sans oublier ces groupes de retraités, syndicalistes, électriciens, coiffeurs ou autres amateurs de camping qui franchissent régulièrement la frontière pour des rencontres amicales autour de leurs pratiques.

Les liens entre Montbéliardais et Ludwigsburgeois se renforcent.

Des jumelles exemplaires

Une richesse distinguée à plusieurs reprises, Montbéliard et Ludwigsburg recevant, en effet plusieurs récompenses : le prix France-Allemagne en 1975, le Drapeau d’honneur du Conseil de l’Europe en 1989 ainsi que le prix De Gaulle-Adenauer en 1990.

Aujourd’hui, les villes jumelles sont toujours aussi unies et s’investissent dans des projets communs. Celui de coopération décentralisée au Burkina Faso, par exemple, lancé en 2007 pour aider les femmes de la province de Bam à pourvoir durablement à leurs besoins et à ceux de leurs familles grâce à la création d’une zone maraîchère.

En 2008, Montbéliard et Ludwigsburg ont signé, ensemble, une déclaration de Solidarité. Un engagement très officiel pour soutenir ceux qui souffrent de l’extrême pauvreté et demander le respect des droits de l’homme pour tous.

Le jumelage a pris là une nouvelle dimension. Tout en restant fidèle aux principes de ses fondateurs !

Les projets du jumelage

Les projets soutenus dans le cadre du jumelage poursuivent trois objectifs distincts :

  • Favoriser les projets communs entre nos deux Villes en développant les échanges entre agents et élus.
  • Soutenir les projets d’échange entre habitants de nos deux villes (associations, clubs..)
  • Sensibiliser les jeunes à la culture allemande et française et dynamiser l’apprentissage linguistique

Objectif 1
Favoriser le développement de projets communs entre nos deux Villes

 

  • Les journées d’études (chaque année)

Depuis 1979, des agents des Villes, des élus et des personnalités extérieures se rencontrent une fois à Ludwigsburg et une fois à Montbéliard sur deux jours (vendredi-samedi). Des thèmes de discussion sont choisis chaque année, de manière à comparer nos pratiques de part et d’autre de la frontière. (la petite enfance, l’égalité des chances etc…)

Thème 2011-2012 : l’électromobilité
Le projet Mobilis est porté par La Poste, il consisterait à étudier la possibilité de mettre en place un centre de logistique en périphérie du centre ville ou de la Ville, lieu d’arrivée des colis des commerçants et potentiellement de stockage. Ensuite, les colis seraient distribués par des véhicules électriques, selon les modalités les plus adaptées pour les commerçants.

 

  • Le partenariat entre les services espaces verts de Montbéliard et Ludwigsburg (chaque année)

En juin 1999, les jardiniers français et allemands collaborent pour la première fois et réalisent ensemble la décoration florale du centre de conférences Saint- Georges.
À Ludwigsburg la même année, les jardiniers français installent des vaches et des champignons au Carrefour de l’Étoile. Ils récidivent en 2000 avec des fourmis et des tournesols. En échange, les Ludwigsburgeois tendent au rond-point éponyme de Montbéliard des toiles représentant les trois châteaux de leur ville. À l’automne 2008, ce sont des citrouilles qui ornent l’esplanade du Château pour un mois de novembre très coloré !

Point culminant de ce partenariat entre les services des espaces verts, la mise
en culture en mai 2008 à Montbéliard de ceps de vigne donnés par le duc de
Wurtemberg. En effet, jusqu’au XIXe siècle, Montbéliard était une – petite – terre viticole avec quelques hectares plantés sur les hauteurs de la Ville, au lieu dit Fleurs d’Épine. Pour renouer avec la tradition, 400 ceps en provenance de vignobles de la région de Ludwigsburg ont été plantés sur les mêmes coteaux pentus, avec l’espoir que les quelques litres de vin issus des récoltes soient dignes des efforts entrepris pour les produire.

 

Le projet commun de coopération décentralisée avec le Burkina Faso
Depuis juillet 2006, le jumelage Montbéliard-Ludwigsburg a pris une nouvelle
dimension qui dépasse largement les territoires et les acteurs locaux. En effet, les villes jumelles ont choisi d’associer leurs efforts dans un projet de coopération décentralisée en faveur de la province du Bam, au Burkina Faso.
Grâce à cette collaboration, une zone maraîchère a été aménagée qui assure
aujourd’hui à 900 personnes nourriture et revenus substantiels

 

Objectif 2
Soutenir les projets d’échanges entre habitants de nos deux villes

 

  • Les échanges entre associations

Les services de nos deux villes mettent en lien les associations qui désirent établir des relations entre elles.
Le Club alpin français et le Deutscher Alpen Verein s’ invitent mutuellement à participer à des raids depuis 1984, ainsi que d'autres associations telles le Diairi/harmonica Spielring, Vélo Cité et Veloclub.
L’ASCAP tennis Montbéliard et le Tennisclub Ludwigsburg se rencontrent une fois par an depuis 2009 pour une journée de tournois entre les 2 clubs.

Des possibilités de subventionnement de ces rencontres existent.

 

  • La participation aux manifestations festives et sportives de part et d’autre …

Chaque année, les clowns de la Chiffogne et les Tanjadis, associations montbéliardaises, sont conviées au défilé organisé dans le cadre de la fête du Marché aux chevaux par la Ville de Ludwigsburg. Ces associations représentent Montbéliard.

Des évènements sportifs sont également l’occasion d’échanges (Lions-Citylauf, cyclisme..)


Objectif 3
Sensibiliser les jeunes à la culture allemande et française et dynamiser l’apprentissage linguistique

 

  • Les échanges scolaires dans le cadre des classes de langue

Certains établissements scolaires de Montbéliard sont jumelés avec ceux de Ludwigsburg depuis de nombreuses années.
C’est le cas du :

  • Lycée Cuvier/Möricke Gymnasium, qui ont fêté leurs 50 ans de jumelage en 2010.
  • Collège St Maimboeuf / Schiller Gymnasium
  • Collège Guynemer / Goethe Gymnasium

Des possibilités de subventionnement de ces rencontres existent.

 

  • Projet artistique entre le collège Pergaud/Brossolette et le Goethe Gymnasium de Ludwigbsurg

Ce projet a vu le jour en 2006 et est reconduit depuis tous les deux ans.
Le principe est le suivant : les jeunes élèves germanistes de la maîtrise de chant choral, dirigés par Brigitte Rose du Conservatoire du Pays de Montbéliard, rencontrent les musiciens de l’orchestre du collège ludwigsburgeois pour un concert commun donné à Ludwigsburg et à Montbéliard.
Les enfants sont logés dans les familles, et suivent un programme sur plusieurs jours leur permettant de répéter ensemble, mais aussi de découvrir nos villes respectives.

Ce projet permet de dépasser les barrières linguistiques et de faire de la pratique artistique un lien fort entre les jeunes.
Le dernier concert prévu à Ludwigsburg dans le cadre de l’anniversaire du général de Gaulle a eu lieu en septembre 2012.

  • Les accueils de jeunes pour des jobs d’été à la mairie

Deux jobs d’été dans les services des Villes (espaces verts, musées) sont réservés à des jeunes de la ville jumelle.
Pendant un mois, les jeunes, de 18 ans environ, travaillent et pratiquent la langue allemande ou française. Un bon niveau de langue est exigé.
Période : juillet en Allemagne, août en France.

 

  • Autres projets ponctuels en lien avec la jeunesse

Projet théâtre entre le lycée Cuvier et le Möricke Gymnasium en 2010.
Projet mené à Ludwigsburg en 2007 : Jugendmusikfestival (festival de musique pour la jeunesse). Il s’agissait de réunir des jeunes groupes de musiques de toutes les villes jumelles de Ludwigsburg, pour leur permettre de répéter ensemble sur une semaine, et produire un concert en commun.
Un groupe de rap montbéliardais a participé à l’opération et a été très apprécié.
Ces échanges permettent à un nouveau type de jeunes de découvrir Ludwigsburg et l’Allemagne, et concrétisent le lien entre nos villes jumelles du point de vue artistique. Une suite à ce projet pourrait être envisagée.

A nous l'Europe !

Dans le cadre du 50e anniversaire du discours du Générale de Gaulle aux jeunes allemands, la Ville de Ludwigsburg a créé avec le soutien des organisations européennes, un forum pour des jeunes, qui échangent sur des thèmes concernant la société en Europe et ses difficultés à résoudre dans l’avenir.