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Disparition de Louis Souvet

Louis Souvet, sénateur maire de Montbéliard Le 30 juin

Louis Souvet ancien sénateur-maire de Montbéliard s’est éteint dans sa 89e année, le 29 juin 2020.

L'enfant du Jura

Louis Souvet est né le 19 octobre 1931 à Grozon (commune du Jura). Fils aînée d’Elie, ouvrier agricole et de Léontine sans profession, il avait deux sœurs. Son enfance est marquée par la terre, la vigne et la nature, par le rythme de la vie à la campagne où il apprend le goût du travail et de l’effort, par le sport aussi, en particulier le cyclisme dans lequel il excelle, notamment lors des courses contre la montre.

Après avoir fréquenté l’école de son village, il intègre le collège technique La Susse à Dôle, où il obtient le CAP et le Brevet industriel, soit l’équivalent du bac technique aujourd’hui.

Diplôme en poche, il entre au service de l’usine mécanique de précision Strobel avant de partir au service militaire qu’il effectue à Mulheim en Allemagne. C’est là qu’il se fait remarquer pour la première fois. Il est sélectionné pour suivre l’école d’officiers de réserve à Saumur puis à Poitiers. Nommé aspirant, il réintègre son régiment et se voit proposer à l’issue de son service militaire une carrière dans l’armée avec « des étoiles à la clé » dixit le colonel à l’époque. Le petit paysan de la Vervette, comme il aimait à le rappeler dans son entourage intime avait une autre vision de la vie.

La valeur du travail

En janvier 1954, il entre chez Peugeot comme ouvrier à l’OFEC (Outillage Forge Emboutissage Carrosserie). A nouveau, Louis Souvet se fait remarquer très vite. La qualité de son travail lui vaut d’être affecté rapidement à l’usine de carrosserie où il occupera successivement les postes de chef d’équipe, de contremaitre, puis de chef d’atelier. Il travaillera de tournée pendant 20 ans. En 1975, il est nommé chef du personnel de l’usine de mécanique qui comptait à l’époque 9000 employés. Il exercera cette fonction jusqu’en 1980.

Le temps de l'engagement

En parallèle, il est engagé dans la vie locale. En 1963, Philippe Goudey, maire d’Exincourt, le sollicite pour rejoindre son équipe et l’invite deux ans plus tard à conduire la liste pour les municipales. Il présidera aux destinées des Exincourtois durant quatre mandats de suite, démontrant à travers son dévouement et sa grande disponibilité, son souci des autres et de l’intérêt général. A la demande d’André Boulloche, il endosse le costume de vice-président du District urbain du Pays de Montbéliard en charge des finances.

Il franchit une nouvelle étape dans ce que l’on peut désormais qualifier de parcours d’homme politique en rejoignant le Palais du Luxembourg en 1980. C’est Edgar Faure en personne qui l’invite à se présenter. A l’époque, la démographie du département du Doubs est en pleine expansion. Un nouveau poste de Sénateur est ouvert et attribué au Pays de Montbéliard. Louis Souvet honorera cette fonction durant 28 ans. Vice-Président de la commission des Affaires Sociales, président du groupe PME, membre du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, membre du Conseil d’orientation pour l’emploi, il fut l’auteur de 37 propositions de loi, rapporteur de projets de loi à 118 reprises et posa quelques 3500 questions (principalement écrites)

De 1982 à  1889, il fait partie de l’exécutif de la Région Franche-Comté en qualité de vice-président en charge des affaires économiques.

En 1989, il devient maire Montbéliard. Appelé en renfort par le RPR pour contrecarrer le candidat socialiste, il arrive en tête des élections municipales et fait basculer à droite la ville centre. Pendant 19 ans, il n’aura de cesse de transformer la ville, d’en faire la promotion au plan national et international, sans jamais se départir de son souci des autres, des Montbéliardais et des habitants du Pays de Montbéliard puisqu’il préside, durant cette même période, le District urbain du Pays de Montbéliard, aujourd’hui Communauté d’Agglomération du Pays de Montbéliard. Sous ses mandats successifs, pas moins de 28 ministres se sont rendus à Montbéliard. Des visites souvent annonciatrices de subventions ou financements nouveaux négociés en amont dans les bureaux parisiens. Parmi eux, deux sont devenus Président de la République.

Le maire bâtisseur

Maire bâtisseur, Montbéliard et le Pays de Montbéliard lui doivent de nombreuses réalisations : le Près-la-Rose, le CCAS, les ronds-points de Ludwigsburg et d’Helvétie (en lieu et place de l’ancien auto-pont), la création du Pied-des-Gouttes, des zones de Technoland 1 et 2, du nouveau stade Bonal, la construction de l’Hôtel de l’Agglomération, celle du Jules Verne à la Petite-Hollande, l’émergence de nouveaux quartiers comme celui de Velotte ou ceux des Portes du Jura et du Mont-Chevis, le développement de l’Université, de l’Axone, du Moloco, l’implantation d’Hermès… ou encore la construction de la caserne des pompiers avec lesquels il maintenait un contact très régulier. Admiratif des hommes du feu, il aurait volontiers rejoint les effectifs des sapeurs-pompiers si sa carrière avait été autre.

Soucieux d’animer sa ville et de la rendre attractive aux yeux de tous, il a soutenu ou porté de nombreuses manifestations et événements : les Lumières de Noël, le Réveillons des Boulons (disparu depuis), le festival des Mômes, les grandes expositions d’été… Il a contribué à embellir le quotidien des Montbéliardais en donnant aux fleurs une place importante, jusqu’à obtenir le Grand prix européen du fleurissement. Un prix dont il partageait la fierté avec Jean-Marc Becker, son adjoint auquel il vouait une profonde admiration, et avec tous les jardiniers de la Ville. C’est également Louis Souvet qui fut à l’origine de l’Orchestre de Montbéliard, dirigé à l’époque par Paul Staïcu, aujourd’hui Orchestre Victor Hugo Franche-Comté.

Le maire simple et accessible

Très matinal, Louis Souvet était un maire connu de tous les Montbéliardais. Nombreux sont ceux qui se souviennent de sa grande silhouette arpentant les rues de la ville, traquant impitoyablement la mauvaise herbe et le chardon. D’un tempérament affable, il connaissait bien les employés municipaux et avait toujours un mot gentil pour chacun. La Ville de Montbéliard et les Montbéliardais se souviendront de lui comme un maire simple, travailleur, honnête, accessible, un maire qui à l’occasion d’une visite auprès des aînés savait aussi pousser la chansonnette : la Montagne de Jean Ferrat. Un clin d’œil, certainement, aux montagnes de son enfance, celles du Jura, qu’il aimait tant ; A la terre aussi, à son jardin et à ses fameuses tomates ! A ceux qu’il aimait, ses parents, ses sœurs, son épouse, ses enfants, ses petits-enfants et arrières petits-enfants. A sa vie !

 

Louis Souvet a reçu la Légion d'honneur au grade de Chevalier (2010) et a été fait Maire honoraire de Montbéliard (2015).

  • Date :

    Le 30-06-2020
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