Lettre d'information - avril 2014

Lettre d'information - avril 2014

Heinrich Schickhardt, Inventarium 1630 - 1632 :

L'inventaire des biens et des œuvres d'un architecte de la Renaissance /
transcrit, traduit et annoté par André Bouvard, Eckhard Christof, Roman Janssen et Charles Zumsteg, sous la coordination de Denise Rietsch.
Cet ouvrage a obtenu le prix Bordin en 2014, décerné par l'Académie des Inscriptions et Belles lettres (Académie Française).

En 1630, alors que la guerre est aux portes du duché de Wurtemberg, l'architecte et ingénieur Heinrich Schickhardt (Herrenberg 1558 – Stuttgart 1635) entreprend de rédiger un inventaire de ses biens : maisons, terres, livres, argenterie, mobilier…, et d'établir une liste quasi-exhaustive de ses interventions dans le duché de Wurtemberg, dans la principauté de Montbéliard et en Alsace, comme architecte, urbaniste, ingénieur et cartographe. Il en résulte un imposant manuscrit de 241 folios, intitulé Inventarium, aujourd'hui conservé à la Württembergische Landesbibliothek de Stuttgart.
   L'originalité du document tient non seulement à son contenu écrit, mais aussi à ses nombreuses planches aquarellées grâce auxquelles l'architecte dévoile son génie de dessinateur. Ce témoignage d'un homme cultivé de la Renaissance est une source de premier rang pour l'histoire culturelle. La culture des XVIe et XVIIe siècles, vécue au quotidien, y devient vivante. L'Inventaire est intéressant, en particulier, pour l'histoire économique et sociale, pour la géographie historique, pour l'histoire de l'art, de l'architecture et des techniques et pour l'histoire régionale et linguistique.
   C'est ce document exceptionnel que l'association "Itinéraire culturel du Conseil de l'Europe Heinrich Schickhardt" vous propose de découvrir avec la coopération de la Württembergische Landesbibliothek et du Hauptstaatsarchiv de Stuttgart. L'ouvrage comprend une transcription du texte de l'architecte, exhaustive pour la première fois, sa traduction en allemand et en français. Il est assorti d'explications historiques et linguistiques, de cartes, d'index et surtout de la publication de 101 dessins originaux, inédits pour beaucoup, provenant soit du manuscrit, soit de l'extraordinaire legs Schickhardt du Hauptstaatsarchiv de Stuttgart, soit du fonds patrimonial de la Médiathèque de Montbéliard.

Extrait de l'introduction d'André Bouvard :

S'il livre un intéressant témoignage sur près d'un siècle riche en péripéties, l'Inventarium fait aussi le bilan d'une longue et glorieuse carrière. Le sentiment qui domine est en effet l'autosatisfaction : Schickhardt est fier de l'œuvre accomplie, de la fortune accumulée, de la liste de ses livres, étonnante de diversité et de richesse et qui témoigne de son érudition, de ses relations privilégiées avec les Grands, empereurs, ducs, comtes, nobles, dignitaires de toutes sortes. Cette fierté est justifiée. Son histoire est en effet celle d'une prodigieuse ascension sociale.